Mazen

Mazen

J’ai appris à écouter, et à garder un esprit ouvert et neutre.

Mes parents ont fui la guerre civile dans les années quatre-vingt à la recherche d’un avenir meilleur. Ils se sont rencontrés à Toulouse pendant leurs études doctorales, se sont mariés et ont eu leurs premiers enfants avant de rentrer au pays à la fin des hostilités.

A mon arrivée au Liban, j’avais cinq ans et parlais uniquement français. J’ai résidé six ans à Tripoli dans ma famille maternelle d’origine syrienne, venue s’installer de longue date dans cette ville portuaire du nord du Liban.

De nos jours, la population de Tripoli est pauvre, offrant un terrain propice à la diffusion d’un islam sunnite radical. Le courant salafiste y est notamment répandu.

A onze ans, je suis parti habiter un quartier du centre de la capitale : pendant les années de guerre, Ras El-Nabeh se trouvait sur la ligne de démarcation entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest ; c’est à dire entre les parties chrétienne et musulmane de la ville. Cette zone a été complètement rasée et est restée inhabitée durant les longues années de conflit.

A Beyrouth où j’ai vécu sept ans, je me réveillais le dimanche matin à la musique des cloches des églises et me couchais avec la mélodie des appels à la prière des mosquées.

Ma famille paternelle est installée dans cette ville de la côte méditerranéenne depuis des siècles, mais ils sont également présents en Palestine et en Égypte. Nos attaches à Beyrouth sont fortes comme en témoigne l’une des avenues de la capitale qui porte notre nom : la rue Mohammad H. Ce grand cheikh estimé des Beyrouthins a joué un rôle éminent pendant les massacres de 1860 en protégeant et en abritant des chrétiens de la Montagne.

Mes parents nous ont inscrits à l’école française de Beyrouth dans le quartier d’Achrafieh. Ayant ma famille du côté musulman et mon école et mes amis du coté chrétien de la ville, j’observais les uns débattre d’islam, de nationalisme arabe, d’ennemi israélien et de cause palestinienne, et j’entendais les autres discuter de phéniciens, de nationalisme libanais, d’ennemis palestiniens et syriens, et de chrétiens d’Orient.

Etant au cœur de contradictions et de différences culturelles et politiques considérables, j’ai appris à écouter, à garder un esprit ouvert et neutre, et à ne ressentir d’appartenance à aucune des communautés.

Après quelques années passées en France, en Suède et en Allemagne, je vis actuellement à Toulouse et ne me considère ni complètement Libanais ni complètement Français, mais un mélange des deux. Avant tout, je me sens citoyen du monde.

Mazen H.


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