Extraits du livre

De quoi le Liban est-il le nom ?

D’une superficie de près de dix mille kilomètres carrés, l’étendue du Liban correspond à celle du département de la Gironde. Le pays compte deux cents kilomètres de côtes de sa pointe nord jusqu’à sa pointe sud, le long de la rive est de la mer Méditerranée, soit l’équivalent de la distance de Marseille à Nice.

Le Liban porte le nom de sa principale chaîne de montagnes, le Mont-Liban. L’épopée babylonienne de Gilgamesh, l’une des œuvres littéraires les plus anciennes de l’humanité, raconte un périple à destination de la montagne libanaise. Au cours de cette aventure, le héros accomplit un voyage initiatique vers la forêt des cèdres du Liban dans laquelle se trouverait l’élixir de la vie éternelle.

L’Ancien Testament mentionne le Liban des dizaines de fois, souvent sous forme de métaphores se rapportant à son abondance et son vin, à sa montagne et aux qualités de son cèdre, à ses fleuves et sa neige éternelle.

Les justes croissent comme le palmier. Ils s’élèvent comme le cèdre du Liban. Psaumes 92:13

La neige du Liban abandonne-t-elle le rocher des champs ? Ou voit-on tarir les eaux qui viennent de loin, fraîches et courantes ? Jérémie 18:14 

Le nom du Liban proviendrait de la racine phénicienne lbn — prononcée laban — qui signifie blanc. Celle-ci évo­que­rait ses sommets enneigés. Une deuxième théorie, plus poétique, voudrait que le nom du Liban — lébnan — soit issu des deux racines lb et ‘nan, ou cœur de Dieu, en référence à son relief escarpé qui perce les nuages pour atteindre les cieux.

Depuis la plus haute antiquité, les habitants escaladaient cette montagne — qu’on appelait déjà « Liban » — pour célébrer des cérémonies religieuse­s et présenter des offrandes aux dieux.

Seulement, toutes ces allusions à la neige, au relief, aux rivières et aux forêts nous amènent à un sujet sensible.

Le Liban est-il un désert ?

Cette question suscite une vive réaction de la part de beaucoup de Libanais. Il faut reconnaître que les paysages de ce pays n’ont rien en commun avec les images de Lawrence d’Arabie sillonnant les dunes de sable à dos de dromadaire.

Le Liban est aride comparé aux forêts luxuriantes françaises, mais pas plus que le parc national des Calanques. Le passager d’un avion en partance de Beyrouth vers une destination orientale observera le changement dramatique de paysages entre la montagne verte du Liban et les couleurs désertiques des plaines syriennes et jordaniennes.

Le pays bénéficie d’un climat tempéré de type méditerranéen, humide en hiver et sec en été, comparable à d’autres endroits du rivage méditerranéen. Sur une année, il pleut en moyenne deux cent cinquante millimètres de plus et fait cinq degrés plus chaud à Beyrouth qu’à Marseille — les hivers levantins sont plus doux que les hivers provençaux.

Alors que le Liban ne mesure que soixante kilomètres de large, deux chaînes de montagnes le traversent du nord au sud : le Mont-Liban et l’Anti-Liban. Ces massifs occupent la majeure partie de son territoire et culminent à plus de trois mille mètres, conférant au pays un relief remarquable dans cette partie du monde.

Grâce à sa terre abritant plus de deux mille sources et à ses pluies et neiges abondantes, le Liban est riche en eau. Une quarantaine de rivières et de fleuves le parcourent, représentant plus de deux milliards de mètres cubes d’écoulements surfaciques annuels.

Dans l’imaginaire de beaucoup de Libanais, leur pays constituerait un paradis, une parcelle du ciel placée dans le croissant fertile. Dans cet idéal, le Mont-Liban ressemblerait à un parc naturel Européen comme le parc national du Mercantour.

En effet, les deux massifs présentent bien des similitudes. Le Mercantour et le Mont-Liban démarrent par un étage méditerranéen, jalonné de vallées et de rivières, et orné d’oliviers, de thym et de romarin. Au fur et à mesure qu’on y grimpe, des feuillus comme l’érable, le peuplier, le chêne ou le saule, cèdent leur place à des conifères comme le pin et le sapin.

Les étages élevés du Mercantour sont couverts de mélèzes, ceux du Mont-Liban sont parsemés de cèdres. Les deux domaines se hissent à des altitudes équivalentes pour atteindre des cimes enneigées. Enfin, comme le Mercantour d’aujourd’hui dans lequel ces grands mammi­fères ont été réintroduits, le Mont-Liban foisonnait de bouquetins, de chevreuils, de cerfs et de loups.

Pour ces raisons, si on veut déclencher la colère d’un Libanais, il suffit de lui demander si le Liban est un désert.

Mais si on quitte ce monde en partie imaginaire pour revenir à la réalité, la situation devient préoccupante…

[…]

Une Histoire plusieurs fois millénaire

La préhistoire du croissant fertile, et du Liban en particulier, se compte en centaines de milliers d’années. Elle a laissé ses traces sur plusieurs centaines de sites archéologiques répartis sur toutes les régions de l’actuel Liban, et connu son apogée il y a dix mille ans avec l’invention de l’agriculture — le travail de la terre et la domestication des animaux. L’agriculture est un jalon historique important car elle permit aux sociétés humaines de se sédentariser et de créer les premiers États.

Et c’est précisément ce qu’elles firent. Notamment à Byblos, ville côtière au nord de Beyrouth qui compte parmi les plus anciennes villes du monde, dans laquelle on commença à construire les premières habitations en pierre il y a plus de sept mille ans…

[…]

Et la guerre civile ?

Entre 1975 et 1990, le Liban se fit remarquer sur la scène internationale. Pendant quinze années, les Libanais s’entretuèrent. Pas une semaine ne passait sans qu’ils ne fournissent des images de sang et de chaos aux journaux télévisés du monde entier.

Cette période n’est pas passée inaperçue d’autant plus que la société libanaise jouissait d’une admirable réputation — de prospérité, d’ouverture et de tolérance. Le Beyrouth d’après guerre, lui, est devenu synonyme de destruction.

Les Libanais se sont cruellement battus : chrétiens contre musulmans, mais aussi chrétiens contre chrétiens, musul­mans contre musulmans, et même Palestiniens contre Syriens, Libanais contre Israéliens, Américains contre Soviets, Iranien­s contre Occidentaux… Outre sa nature religieuse, ce conflit a été un affrontement de puissances profanes — économiques et politiques, internes et externes.

Quinze ans durant, le Liban, cette parcelle du ciel posée sur la terre, a surtout servi de champ de bataille…

[…]

Les Libanais prient-ils Dieu ou Allah ?

Au Liban, qu’on soit chrétien, musulman ou juif, on prie Allah. Même quand on est athée, c’est en Allah qu’on ne croit pas !

La bible, le coran et la torah s’accordent sur le fait de renoncer au polythéisme et de croire en un seul dieu, celui d’Abraham, de Jésus et de Mahomet. Celui qu’on désigne par Allah.

Le mot « Allah » n’est ni plus ni moins que la traduction en arabe ou en libanais du mot « Dieu. » Il ne s’agit pas d’une divinité musulmane différente de celle des juifs et des chrétiens…

[…]

Table des matières

De quoi le Liban est-il le nom ?

Le Liban est-il un désert ?

Une Histoire plusieurs fois millénaire

Phénicie
Ère hellénistique
Ère romaine
Ère arabe
Sultans turcs, kurdes et caucasiens. Croisades.
Epoque ottomane. Le Liban moderne.
Mandat français. République libanaise.
Dix mille ans en trois paragraphes

Et la guerre civile ?

Que parlent les Libanais ?

La langue libanaise

Le Liban est-il riche ou pauvre ?

Les Libanais prient-ils Dieu ou Allah ?

Chrétiens du Liban
Mohammadiens du Liban
Répartition des communautés
Diversité religieuse

Un carrefour entre Orient et Occident

Le Liban est-il un pays arabe ?
Une identité pour tous les Libanais

 

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Ce qu’en disent nos lecteurs

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre très bien documenté. J’espère que beaucoup de gens le liront, le Liban ne s’en portera que mieux.
— Rabih

This book is excellent, congratulations to you all. It provided much information which I was unaware of even though I studied History and lived in Beirut for 18 years. I read it all in one go.
— Mark

Un éclairage fort bien venu sur un pays difficile à appréhender dans toute sa complexité. Bravo pour la maîtrise de la langue et la précision du style d’écriture !
— Marie-Christine

 

Témoignages de Libanais

 

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Le Liban expliqué à mes proches, par Emilio El-Dib

Le Liban expliqué à mes proches, par Emilio El-Dib, raconte l’histoire du pays du cèdre en suivant ses peuples, leurs origines, leurs langues et leurs religions. Il aspire à donner des clefs de lecture — simples, sans qu’elles ne soient superficielles — pour mieux cerner ce fabuleux pays.

Ce livre est disponible sur Amazon partout au monde ; chez Librairie Antoine en ligne et en magasins, et chez Virgin Liban, notamment à l'aéroport de Beyrouth. Il est téléchargeable en version numérique sur Kindle, fnac Kobo, Apple iBooks et Google Play Books.

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